Références de la lecture du Mardi 18 Mars 2003: documentation en ligne
Positionnement des musées face à l'émergence de nouvelles expressions et transversalités
introduction:
Si l'on devait définir ce qu'est la muséographie de nos jours, on serait quelque peu perturbé:
que penser face a l'internétisation des principaux musées internationaux et nationaux.
S'agit il d'un musée hors du musée ?
Passerait on du statut du visiteur a celui de l'utilisateur ?
Passerait on du regard à la consommation ?
Ces questions pourraient être sacrilèges au regard d'un esthète, mais de quoi s'agit il exactement ?
Internet s'avère être un outil absolument fabuleux, dans la mesure où les conservateurs et leur institution respective évoluent avec l'époque et adhèrent à de nouvelles coopération entre concepteurs, visiteurs, et utilisateurs et que par la même une sphère culturelle est cisconcrite dans un support technologique communiquant. En effet le musée offre l'opportunité d'une proximité plus grande avec le visiteur par le biais de l'intimisation d'une institution à priori ostentatoire; et cela dans une optique individualisante:
- La sélection de contenus selon des intérêts personnels.
- La possibilité de planifier sa déambulation et sa visite future.
La participation du visiteur se trouve alors accrue, et cela touche à une question politique cruciale:
En effet de nos jours, Internet apparaît comme un passage obligé pour les musées s'ils veulent être à la fine pointe des technologies afin de renforcer un projet social qui serait celui de démocratiser une culture auprès d'une "communauté virtuelle" ou auprès du "village planétaire". la conscience universelle voudrait que les musées virtuels soient une approche novatrice - pour les individus qui ne peuvent se déplacer physiquement, qui ont des contraintes financières ou possèdent un agenda overbooké - tout simplement parce qu'ils sont ouverts 24h / 24h, qu'ils sont gratuits et peuvent être visités à partir de leur domicile, sans parler des options technologiques offertes: aides à la consultation des oeuvres d'art, tels que des logiciels de navigation (Quick Time VR). Ils se trouvent alors alors graciés des perceptions ternes et élitistes du musée dit traditionnel.
Vous pouvez alors imaginer aisément que les concepteurs d'expositions se réjouissent de la "dynamique communicationnel" qu'apporte l'internétisation. Ces derniers jubilent devant tant de technologies car ils envisagent non seulement un accroissement de l'intérêt des visiteurs pour les arts mais aussi le développement de l'étendue de leurs connaissances en ce domaine. Les concepteurs convoquent de plus en plus des outils technologiques de plus en plus sophistiquées afin de faciliter la compréhension, ce qui devrait provoquer un comportement fort différent de la visite physique du musée. Il s'agit en fait d'un fabuleux facteur valorisant pour la popularité du musée, cela dans une optique de marketing afin d'augmenter la fréquentation par un public plus large divers et variés de la clientèle habituelle des musées (chercheurs, instituteurs, élèves, étudiants, néophytes, amateurs d'art, touristes etc...)
Par ailleurs certains de ces mêmes musées vont jusqu'à considérer que le réseaux se doivent d'être un espace muséal du fait qu'il peut être aussi un espace esthétique. Par conséquent, les conservateurs ne se contentent plus d'une veille technologique et d'une validation d'une politique culturelle plus transversale mais entrent dans une logique prospective en ce qui concerne les expression esthétiques émergentes, et remplissent par là même la mission première des musées, rendre compte d'une réalité artistique dans le champ de l'histoire et/ou de la contemporanéité.
Indépendament, de la démocratisation de l'accès du musée, ou de la mise à disposition des outils aidant à la compréhension des oeuvres présentes dans la collection physique, en clair à une extension virtuelle du musée physique, dans ce cas précis nous sommes dans une optique de transgression:
En effet, comment rendre compatible les velléités des artistes investissant ces espaces avec celles d'un musée avec une vraie politique muséographique ?
- absence de pérennité des oeuvres
- leur caractère virtuel
- la reproductibilité infinie
- le piratage institutionalisé etc.. etc..
Il a apparaitrait qu'une partie des réponses possibles résident dans les prises de positions de certains de ces musées dans ces champs:
En devenant eux mêmes acteurs et contributeurs de prises de positions des artistes ainsi valorisés.
En effet quelle idée plus géniale pouvait on trouver pour diffuser un art imatériel? un lieu imatériel ?
Et quelle meilleure politique pourrait on trouver pour témoigner d'un process si ce n'est d'y participer ?
La transgression serait alors du même ordre que ceux des artistes qui seraient présentés, en adoptant des positions symétriques au regard des usages muséographiques sans pour autant remettre en question les politiques de transversalité et d'une validation d'une accessibilté toujours plus grande. Le fameux principe universel lié à cette internétisation qui serait:
les musées virtuels soient une approche novatrice - pour les individus qui ne peuvent se déplacer physiquement, qui ont des contraintes financières ou possèdent un agenda overbooké - tout simplement parce qu'ils sont ouverts 24h / 24h, qu'ils sont gratuits et peuvent être visités à partir de leur domicile, sans parler des options technologiques offertes: aides à la consultation des oeuvres d'art, tels que des logiciels de navigation (Quick Time VR). Ils se trouvent alors alors graciés des perceptions ternes et élitistes du musée dit traditionnel.
1- Musée virtuel extension du musée physique:
Souvent on ne sait quelle définition donner à la virtualité :
L'antiquité la définisait comme continuité d'un réel au sens potentiel, le virtuel constitue donc une suite hypothétique de ce réel, tandis que le sens commun rejoint la définition optique de ce terme, reflet dans un miroir, image selon une symétrie inversée.
Selon ces deux définitons tout à fait compatibles en un sens (l'image du miroir ne serait elle pas une continuité potentielle d'une image ?), on pourrait y trouver un fondement aux musées virtuels:
On peut d'ores et déjà remarquer que la France est absente de cette première page, serait ellet refoulée dans le 'rest of the world' ? oui
Le musée imaginaire tel qu'il est défini par Malraux se rapproche incontestablement de l'idéologie d'Internet, en particulier pour l'agglomérat de musées en ligne. Entre autres, le Virtual Library museum pages, parrainé par l'International Council of Museums en 1994, regroupait plus de 5000 sites d'institutions culturelles de 83 pays (musées nationaux, sites archéologiques, centres scientifiques, galeries d'art, châteaux, palaces etc.) présentés par ordre alphabétique et Muséofile, le site officiel des musées français, une initiative gouvernementale réunissant près de 1 000 institutions dont les classiques comme le Louvre et le Musée d'Orsay. Pour Bowen, (1998), professeur en informatique à l'Université South Bank à Londres et créateur du VLMP, tout comme pour Avenier (2000), responsable de l'ingénierie au ministère français de la Culture; ces deux sites constituent une organisation de l'offre de la manière la plus intelligible permettant de réunir les petits et les grands musées et une visibilité identique, donc une vraie démocratisation de l'art ! George F Macdonald (2000), nouveau directeur du Musée de Melbourne en Australie et anciennement du Musée de la civilisation du Canada à Hull, serait du même avis que ces derniers car il entrevoit Internet comme une formidable infrastructure où chaque musée créera sa propre identité virtuelle, au même titre que le phénomène religieux est diversifié et séduit une multitude d'adeptes «I look at it rather like a phenomenon in which you have a new religion created for faithful users through vast territories».
VLMP:
http://vlmp.museophile.com/
Nous allons continuer notre tour operator virtuel par l'un des plus prestigieux musée au Monde:
Le Louvre:
http://www.louvre.fr/index.html
Le louvre est un cas typique de ce que je décrivais plus haut comme muséographie virtuelle dans mes premières ligne au sujet d'une sphère culturelle circonscrite à un support technologique communiquant:
Nous pouvons détailler le menu de la page d'acceuil qui récapitule toutes les caractéristiques typiques de ce genre de musée.
A ce sujet, je voudrais faire allusion au fait que le musée auquel nous sommes confrontés, avec l'avènement d'Internet, est à la fois médiatisation du bâtiment réel et médiation du savoir pour les visiteurs, et est bel et bien sans cloison ; ce que Malraux (1954) conviendrait d'appeler le «musée imaginaire», un concept discuté notamment par Shaw.
L'architecte New Yorkais Hani Rashid designer du Virtual Guggenheim Museum, dépeint le musée en ligne en termes de sépulcre :
Le musée est devenu un tombeau pour l'art, un mausolée où l'art est présentée à un public présumé non-initié, ses espaces inviolables et privilégiés servant une autorité culturelle pour la dissémination de ses idées et la propagation de ses idéologies.
Virtual Guggenheim Museum:
http://www.guggenheim.org/exhibitions/virtual/virtual_museum.html
La remarque acerbe de Cornwell (1996) rejoint l'allocution de Rashid. Cette critique d'art est dégoûtée par tant de musées faisant usage à outrance de la virtualité, qu'elle dit à l'image de l'industrie du multimédia déployant ses récentes prouesses électroniques pour attirer une clientèle jeune, néophyte de l'art et friande de gadgets.
The dream of postmodern populists may come true - that galleries and museums will attract a more general audience, which is less trained in art. But will the populist vision metamorphose into a bad dream.
Ritzer (2000), un sociologue américain, dépeint la culture du fast-food qu'il baptise la «Macdonalization de la culture», le musée virtuel n''est pas une exception à cette règle. Ritzer démontre que le visiteur en naviguant sur les musées virtuels ne fait que butiner de site en site sans jamais avoir besoin d'y mettre un pied physiquement. La «Disneyfication des musées» a aussi fait l'objet de censure de la part de Bolter (1991), ce dernier a constaté que l'exposition axée sur la sensation empêche de voir l'oeuvre tout comme on va s'amuser dans un manège à Epcot Centre; aussi, le visiteur navigue au travers des collections recherchant du plaisir au détriment d'une réflexion esthétique. De manière encore plus sarcastique, la notion d'infotainment exposée par Harley (1996) vise à pointer du doigt l'industrie du cinéma américain avec la promotion de films sur Internet et la vente de jouets dans les grandes chaînes de restaurants qui arrivent à publiciser, selon une technique de marketing à la horizontale (ou cross-promotion), les blockbusters du style Jurassic Parc. Le musée virtuel serait, à sa façon, un produit dérivé du musée physique et participerait sans exception à promouvoir l'art par l'intermédiaire de sa cyberboutique (tasses, cravates, affiches et cédéroms).
Par ailleurs au sein des institution on peut trouver des antagonismes au regard de ce qui serait une muséographie virtuelle, ou ce que serait un musée virtuel:
Un clivage peut apparâtre aussi souvent que n'importe quelle entreprise entre les services informatiques et les responsables soit des sociétés ou des institutions. Pour les informaticiens, internet est une affaire de territoire technologique dépendant de leur domaine de compétence et représentant une fabuleuse opportunité d'extension de leur domaine de responsabilité pouvant aller jusqu'à la gestion d'une image ou d'une marque.
Pour parler des musées, cet antagonisme se pose entre les informaticiens et les muséologues au sujet de ce qui pourrait être nommé "la virtualisation de l'art" sur internet. Pour les informaticiens, leur mode d'exposition ne relève pas du monde des objets réels mais du virtuel, pour les muséologues, c'est bien évidemment l'univers matériel qui prime avec son cortège de métaphores en terme d'interfaces; et dans la réalisation d'une exposition virtuelle, car la mission première du musée est de présenter des objets avec une consistance qui est le corrélaire du bâtiment musée, les conservateurs doivent gérer des collections d'objets et non des contenus.
L'exemple de la gallery 9 au Walker Art Center est édifiant dans ce sens:
Ce prestigieux musée d'art contemporain de Minéapolis fut le premier à réaliser une collection de net art par l'intermédiaire de Steve Dietz, mais afin de contourner cet antagonisme et des problèmes juridiques qui peuvent y être corréllés, cette collection n'a pas d'exsitence officielle car elle n'est pas intégrée dans la collection permamente du musée (bien qu'une confusion soit entretenue à ce sujet par une communication médiatique du département de tutelle qui est le département édition du musée).
La direction est partie du principe que le site web de ce musée a une fonction de publication, et d'édition en ligne et que par conséquent tous les développements artistiques sur ce site rentrent dans le même domaine de responsabilité que la gestion des publications papier du musée.
Gallery 9: 1996-1997
http://www.walkerart.org/gallery9/
Les premiers musées à avoir vraiment officialisé les acquisition de net art furent:
- La Fondation Cartier pour l'art Contemporain (1ere fois au monde): 1998
http://www.fondation.cartier.fr
- Le Berkeley Art Museum Pacific Film archive (1ere fois aux USA): 1999
http://www.bampfa.berkeley.edu
Et puis sont apparues des positions beaucoup plus ambivalentes:
Le MOMA de New York par le biais du curator du département 'nouveaux medias', Barbara London a poussé à l'extrême la transgression que peut représenter l'internétisation d'un musée:
http://www.moma.org
En constatant que le musée prolongeait son espace et ses murs sur la toile, Barbara London a adopté la même logique en développant des projets successifs valorisant l'activité d'un curator. Ainsi dans son travail, lorsqu'elle fut amenée à effectuer des voyages de mission dans différents continents, elle a conçu une sorte de quotidien sur le web faisant le bilan de ses rencontres, des espaces traversés. Le travail du curator se trouve alors être l'objet montré sur le site web, provoquant ainsi une forme d'esthétisation de son activité plus très éloignée de l'activité de certains artistes du net art comme Philip Pocock et Felix Stefan Huber pour le projet "Artic circle".
2- Dissémination de l'Art dans le cyberespace:
Ces débuts de prise de positions institutionnelles ont vraiment démarré avec les dernières années par l'organisation de très importantes expositions dédiées au net art. L'émergence sur la scène artistique des artistes utilisant ce mode d'expression s'est fait avec une très forte médiatisation à l'échelle internationale, ce qui n'a pas échappé à certains musées en tant qu'opportunité médiatique et valorisation populaire:
En organisant des epxositions dédiées au net art aec une débauche de moyens sans précédents, le musée surfe sur la vague du net art. Si ces artistes ne sont pas encore vraiment présents dans les galeries privées, cette fois les musées ont su les devancer en organisant des expositons à fort retentissement médiatique.
Nous pouvons également examiner les dénominations concernant cette scène véhiculée par ces institutions férues de classifications:
- Art virtuel
- Art sur le net
- Web art
- Net art
- Browser Art
etc...
Les artistes sont d'ailleurs également férus de ce genre de dénomination (ascii art) et vont jusqu'à en débattre sur certaines mialing list.
Dans ce cas précis, dans une logique muséographique précise basée sur une politique culturelle circonscrite à un support technologique communiquant, le musée devient une alternative du marché où ces artistes sont en grande majorité absents:
Aucun des artistes présents dans ces expositions récentes n'est encore défendu par une galerie exception faite de John Simon Jr.
Pour les musées, ce type d'art pose le problème de la mostration et de son intégration dans un espace d'exposition classique du fait de son support et sa nature interactive, réservée à un seul spectateur. De même qu'il soulève la question de la conservation physique de l'oeuvre. Ces expositions sont alors plus à prendre en terme de questionnement, par des tentatives de réponse à ces problèmes.
Par ailleurs on pourrait y voir une opportunité financière et médiatique, erreur faite par certains musées:
Ainsi le centre Gerorges Pompidou s'est précipité afin d'apporter une réponse au net art en plaquant une icone 'net art' à sa page d'acceuil renvoyant vers une page de liens commentés:
Pour un musée est ce suffisant ? et est ce un début de réponse ?
Je pense que cela est à interpréter comme le fait que le musée s'interresse à ce genre d'expressions mais ne dispose pas encore de moyens suffisant afin d'organiser de vraies expositions avec des créations, des productions spécifiques et un vrai développement muséal en ce sens.
Le choix de l'économie a été fait en important des ressources déjà existantes sous l'alibi de la pédagogie:
Le centre Georges Pompidou:
http://www.centrepompidou.fr/
Au printemps 2000 La Tate Gallery de Londres décidait de s'étendre dans les réseaux en commandant deux oeuvres en ligne qui seraient un complément à l'ouverture de la Tate Britain et la Tate Modern:
- Graham Harwood un des fondateurs de Mongrel copie l'architecture du site original pour en changer le contenu sur le mode subversif.
- Simon Patterson explore les relations entre le son, l'image et la couleur et l'interactivité.
La Tate a surenchéri en 2001 en organisant l'exposition "art now" en présentant trois installations de Lise Autogena et Joshua Portway, de "refundant technology intitative", et de Jon Thomson et Alison Graighead. Chacune de ces installations examinent de différentes façons la culture du e-commerce.
Phénomène amplifié aujourd'hui avec la production d'une pièce de Susan Collins en Juin 2002 définissant une extension de la Tate Modern dans un espace sans gravité !
Ainsi la "tate in space" est définie par un espace d'exposition en orbite tel un satellite artificiel !
- Susan Collins "Tate in Space": http://www.tate.org.uk/space
Tate Gallery:
http://www.tate.org.uk/webart
Le MOMA de San Francisco sur l'initiative de Bejamin Weill et David Ross organise l'exposition "Art in Technological Times: 010101" dont l'ambition est d'abolir ls cloisons entre les murs et le cyberespace.
Benjamin Weill est le fondateur d'adaweb premier espace virtuel d'exposition à New York, aujourd'hui en dépôt au Walker Art Center.
Le SF MOMA:
http://www.sfmoma.org/010101
Le Whitney avait lancé la dynamique en intégrant le net art dans sa précédente biennale, aujourd'hui il récidive avec l'exposition "Bitstream" qui explore avec une trentaine d'artistes ces nouveaux modes d'expression engendrés par la myriade technologique mise à notre disposition dans la vie quotidienne.
Le Whitney:
http://www.whitney.org/
Certains des artistes se posent en initiateurs de ce genre de projet:
- Le cas De Vuc Cosik qui a représenté la Slovénie à la dernière biennale de Venise avec un pavillon dédié au net art .
- Le cas de Miltos Manetas initiateur du projet 'biennale.net' pour la première biennale d'art contemporain de Tirana organisée par le magazine Flash Art par Giancarlo Politi.
Site qui a été exposé ensuite à Deitch project à New York en Novembre 2001.
Et Miltos Manetas ira jusqu'à acheter le nom de domaine"whitneybiennial.com" afin de proposer une alternative à cette biennale du Whitney en usant la métaphore du 'serpent face à un troupeau de vaches' le 7 Mars 2002.
Malheureusement l'année passée, certaines institutions après s'être valorisées par l'acquisition d'oeuvres internet se sont rétractées provoquant des cas de censures et de destruction d'oeuvres !
Le malheureux cas du FRAC Lanquedoc Roussillon, dire que cette première est survenue en France !
le témoignage de Nicolas Frespech:
En 1998, le Frac Languedoc Roussillon a fait une acquisition publique d'une oeuvre Internet.
Cette création de Nicolas Frespech s'intitule « Je suis ton ami(e).tu peux me dire tes
secrets.
Le surfeur fait parvenir des confidences qui sont ensuite présentées sur le site Internet sous
forme d'un diaporama en Flash. L'oeuvre est un work in progress.
Décembre 2001, cette création fait l'objet d'une censure sauvage et illégale de la part de la
Région Languedoc-Roussillon qui dénonce l'oeuvre, 3 ans après l'acquisition :
"cette oeuvre qui avait été achetée avec des fonds publics, comportait des obscénités qui ne
pouvaient que heurter la sensibilité d'un public non averti"
Au mois de janvier 2003, l'ouvre est toujours absente du réseau et pose le problème de
conservation et d'obligation de sauvegarde et de monstration d'une oeuvre net art.
Plus d'infos :
http://www.frespech.com/secret
A lire : un article de Libération :
http://www.frespech.com/secret/articleliberation.html
Un entretien avec Archée Magazine :
http://www.archee.qc.ca/ar.php?page=article&no=181
Conclusion:
Au travers de cet exposé nous pouvons remarquer, que l'on est loin d'être entré dans une maturité muséographique au sujet du net art, mais que les différentes démarches exposées ont le mérite de questionner, transgresser, ce qui peut être habituellement admis comme musée:
Tous ses constituants sont touchés:
- les ressources humaines par la gestion des antagonismes potentiels entre les muséologues et les départements informatiques.
- L'espace physique par sa virtualisation et/ou l'investissement de l'espace virtuel, nouvelle forme transgressive.
Pour s'instruire ou approfondir ses connaissances en arts, les acteurs doivent nécessairement échapper aux contraintes techniques, en l'occurrence les fonctionnalités ne doivent pas l'emporter sur la dimension normative du musée virtuel qui, elle, est liée à l'échange du savoir. Force est de constater que la matérialité de la technologie Internet s'impose radicalement dans l'expérience muséale, puisque le visiteur se connecte virtuellement à des collections; c'est donc dire que «l'activité discursive» des musées en ligne donne à voir les oeuvres de manière distanciée.
D'autre part, la virtualisation du musée peut représenter une fabuleuse opportunité de mémoire pour la scène du net art avec le développement et la conception d'une muséographie adaptée à ce genre de production.
je terminerai par cette citation en épigraphe:
«Je crois que l'art numérique ou virtuel devrait demeurer sur Internet. Il n'y a aucune raison de le mettre dans une galerie ou dans un espace réel, parce qu'il n'y rien de commun entre les deux. Vous pouvez, par ailleurs, traduire le travail.» (Igor Stromajer)