Références de l'intervention du Samedi 28 Mai 14h15 Centre Georges Pompidou, Flash festival: documentation en ligne
"Net Art History ?"
La fin de l'Art: disparition d'une modernité et naissance de nouvelles positions
1- La collusion de l'histoire et de l'Art: l'histoire de l'art
L'histoire de l'art s'est toujours définie autour de grands récits, ceux Vasari à la fin du XVI e siècle "La vie des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes".
Le fil narratif de l'histoire est conduit par celui de la monarchie par les récits héroïques de l'Art.
C'est la définition de l'époque moderne au sens historique.
La révolution industrielle succède à la révolution politique et amène la laïcisation du pouvoir: la république nouvelle icône politique nationale. Les premières ruptures esthétiques apparaîssent avec l'impressionisme:
'L'impression au soleil levant' de Claude Monet" 1872
Durant les années 1950, un nouveau type de grands récit apparaît émancipant l'Art de la figuration, ceux de Clement Greenberg:
Clement Greenberg: 1909 -1994
- Avant Garde attitudes 1968
- Autonomy of Art 1980
Ressources documentaires sur Clement Greenberg:
http://www.sharecom.ca/greenberg
Durant les années 1970, les médias trouvent leurs expressions plastiques au travers de différents mouvements etshétiques concomittants. Du pop jusqu'aux positions conceptuelles les plus radicales.
L'histoire s'émancipe de la nation et du pouvoir, c'est le début de la perception de l'humanité en tant qu'une globalité. Cette époque correspond à l'assise des nations rouges et des débuts de la libéralisation économique. C'est également le début de l'hypermédiatisation du monde: les médias se multiplient, se croisent et convergent et définissent le 'village global' de Mac Luhan.
C'est également le début de ' l'époque après l'histoire': la maîtrise de la destinée culturelle et nationale échappe à l'individu et à l'état.
Ce sont aussi les débuts de l'art après l'histoire de l'art:
Arthur Danto: né en 1924
- "The transfiguration of the commonplace", Harvard University Press 1981.
édition française:
- "La transfiguration du banal", Editions du Seuil 1989.
- "The philosophical disenfranchisement of Art", Columbia University Press, New York 1986.
édition française:
- "L'asujetissement philosophique de l'art", Editions du Seuil, 1983.
-" After the end of Art Contemporary Art and the pale of history", the trustees of the national gallery of Art, Washington DC 1987.
édition française:
- "L'Art contemporain et la clôture de l'histoire", Editions du Seuil 2000.
Au delà de l'art, existe le quotiden, un art dans la vie. Le quotidien devient global et international. Ce cher quotidien si commun, si banal devient universel.
la dernière décénnie a projeté bon nombre d'artistes sur des positions discursives :
2- Une de ces positions: Le Net Art
Au delà du discours idéologique, qu'il soit politique ou artistique le net art a su faire son intégration dans l'art de la vie en se greffant sur la nouvelle icône universelle: l'écran qui se fait 'moniteur'.
Cependant deux tentations se dégagent au regard de ce contexte post historique en l'absence d'une 'histoire héroïque':
- La première est l'invention par les artistes eux mêmes de cette Histoire Héroïque, avec par exemple Vuk Cosik et le "Net art" dont après sa naissance annoncée en fanfare (1995 - 1996) il déclarera définitivement sa mort définitive deux années plus tard (1997 - 1998) au grand damne de tous les épigones qui s'accrocheront à ce récit à coup de manifestes divers et variés ...
Voilà par exemple, un manifeste fondateur du net art par Joachim Blank 1996:
http://www.irational.org/cern/netart.txt
- La deuxième tentation serait de dégager une narration historique au travers des divers concepts abordés par les oeuvres et les artistes dans leurs démarches, ou encore la tentation de dégager une narration au travers de la l'évolution des outils technologiques utilisés offrant l'alibi d'une chronologie.
Ce qui ressort de ces deux tentation et ces deux mode d'accès sur une activité artistique apparue en 1995 -1996 et courant encore de nos jours est une impossibilité totale d'avoir un récit historique honnête quelqu'il soit. J'entend par 'honnête', le fait de pouvoir établir une vérité scientifique concernant cette éventuelle histoire !
Et pour cause, nous sommes confrontés tout au mieux à des concomitances, des démarches extrêmement diverses et variées, tout au plus à des épiphanies digne de résultats de recherches dans le moteur de recherche Google
C'est pourquoi je terminerai cette introduction en disant en guise de conférence, j'apporterai tout au mieux un témoignage sur une période mêlant chronologie séquentielle des outils et concepts abordés de cela de façon définitivement sommaire et succinte étant donné le temps qui m'est imparti pour le faire ...
Je commencerai par vous parler de quelques démarches concernant la critique de ce média:
Un Art sans objet, le médium est la matière: les positions critiques.
Fred Forest: France
En 1983 il rédige son manifeste de l'esthétique de la communication.
Rétrospective de Fred Forest au Webnetmuseum:
http://www.webnetmuseum.org/html/fr/expo_retr_fredforest/actions_fr.htm#text
IOD: Angleterre
Un groupe basé à Londres et composé de Mathew Fuller, Colin Green et Simon Pope.
Le programme 'Webstalker' est un programme de reconfiguration de l'information sur le web qui fournit un mécanisme permettant d'explorer et d'utiliser celui ci à un niveau structurel;
http://www.medienkunstnetz.de/works/webstalker/
Le site de IOD: http://www.backspace.org/iod/
Vuk Cosic: Slovénie
Le médium est seulement la matière, une position radicale:
http://www.ljudmila.org/~vuk/
Un ready made apropriateur: le site de DX Kassel:
http://www.ljudmila.org/~vuk/dx/
Alexeï Shulgin: Russie
Alexeï Shulgin fonde ses créations sur l'interface logicielle développant une esthétique des navigateurs.
http://www.easylife.org
JODI: Espagne - Belgique ? Europe
Un duo d'artistes fondant sa démarche sur la paranoïa informatique viral, ou la psychose du bogue.
http://www.jodi.org
L'abolition des sphères privées et publiques
Michael Samyn: USA
Un artiste californien qui élabore un journal personnel graphique en ligne.
http://www.superbad.com/
Mouchette: Pays Bas
Mouchette dont on ne sait si il s'agit d'un personnage fictif our pas; sous la menace d'un suicide qu'elle commetra à l'âge de 13 ans, nous fait part de ses émois en ligne d'une étonnante maturité féminine:
http://www.mouchette.org
Quelques exemples de fictions hypermédia entre le journal et l'édition.
David Blair: USA
David Blair élabore une des premières hyperfiction cinématographique à la limite d'un journal personnel ou amateur.
http://jefferson.village.virginia.edu/wax/frenchStart.html#
Mark America: USA
Un des premiers exemples de roman hypermédia en ligne.
http://www.grammatron.com
Luther Blisset: Italie
Un collectif italien, entre l'activisme et la littérature classique, ils se positionnent très régulièrement par rapport à Guy Debord
leur premier roman "l'oeil de sepuku" édité aux Editions du Seuil:
http://www.lutherblissett.net/
"World of Awe" Yael Kanarek: USA
Ce projet interdisciplinaire tourne autour de l'histoire d'un voyageur en quête d'un trésor perdu.
Le projet utilise le genre classique du 'journal de voyage' pour explorer les connexions entre le conte oral, la mémoire, le voyage et la technologie;
mettant à la suite aussi bien des lamentations au sujet de l'absence d'un amour qu'une déclaration comique de loyauté à une disquette.
Afin d'étendre le conte, "world of awe" s'étend vers d'autre projets et collaborations en ligne dans des galeries et des espaces d'expositions.
http://www.worldofawe.com/
Quelques exemples d'une nouvelle forme de fictions hybrides apparue avec l'avènement du langage Flash (hybridation du langage cinématographique / animation et de de l'interactivité).
Un projet intié par Miltos Manetas:
http://www.manetas.com
"Biennale.net"
"http://www.whitneybiennial.com/"
Le sujet social, économique, politique:
Antoni Muntadas: Espagne
"The File Room" 1994
Les premières archives des victimes de la censure sous forme d'installation:
http://www.cd.sc.ehu.es/FileRoom/documents/homepage.html
Mongrel: Angleterre
Mongrel, un collectif anglais contre le racisme avec le moteur de recherche 'natural selection'.
http://www.mongrelx.org/Project/Natural/index.html
Le site de Mongrel:
http://www.mongrelx.org/
Heath Bunting: Angleterre
La logique virale en tant qu'activisme, perversion des communications médiatiques de grandes puissance financières.
http://www.irational.org
RTMARK: USA
RTMARK collectif américain, menant une activité agressive et pirate sur la communication des grandes sociétés.Rt Mark joue sur une mimesis agressive et critique des sociétés de courtage privées. Ils opposent culture et économie
http://www.rtmark.com
Téléférique. France
Téléférique, un site proposant pour oeuvre l'acte de télécharger, 'downloader'. Une forme de critique du e-business opposant une logique interpersonae et gratuite au e-business 1 to 1:
http://www.teleferique.org
Téléférique a décidé le 27 mai à 14h16 de cesser toutes activités, ci-après la copie de leur mail:
"Terminus"
Le collectif Téléférique a décidé de cesser ses activités.
Les archives des différents projets réalisés entre mars 1999 et mai 2005 seront maintenues dans les années à venir sur notre serveur auto-géré aux adresse:
http://www.teleferique.org et ftp://ftp.teleferique.org
PAVU: France
PAVU collectif français parodie aussi à sa façon les sociétés d'audit et de conseils, en créant une monaie d'échanges le gnou et un système de valorisation fiancière inédit: entre le mimétisme et l'ironie acerbe.
http://www.pavu.com
ETOY: Europe
Collectif européen menant des actions violentes sur des lieux publiques ou des places financières telles que NASDAQ: la fameuse guerre de Etoy contre Etoys.com cyberboutique valorisée sur NASDAQ.
http://www.etoy.com
The Yes men:
Les Yes men, un collectif organisant des impostures ultra-méditisés révélant les intentions les moins louables des plus grands acteurs de la globalisation économique:
L'une de leur dernière actualité (12 mai dernier) concerne "DOW", voir la vidéo
Le site des Yesmen: http://theyesmen.org
Young-Hae Chang "Heavy industry": Corée
Young-Hae CHang Heavy industry utilise les animations flash afin d'animer des textes à fortes charges de façon extrêmement spectaculaire.
Pervertissement des publicités ou messages subliminaux véhiculés par les médias.
http://www.yhchang.com/
Interview de Young Hae Chang:
"DISTANCE, HOMELESSNESS, ANONYMITY,AND INSIGNIFICANCE"
Michael Mandiberg: USA
Michael Mandiberg joue sur une esthétique sociale en demandant à un groupe de personnes d'échanger leur vie: "The exchange program"
http://exchangeprogram.org/
Ou encore il met en vente la totalité de ses effetes personnels.
Tout en parodiant l'e-commerce il définit une nouvelle forme de portrait par le biais d'un fétichisme discret.
http://www.mandiberg.com/shop/
Jon Thomson and Alison Craighead: Angeleterre
Ces deux artistes ayant déjà sévit à la Tate Gallery parodie l'e-commerce en proposant à la vente des objets dérivés du langage du net art:
http://www.dot-store.com/system/index.html
Mark River and Timothy Whidden, MTAA: USA
Ils définissent une plateforme dédiée à leurs pratiques conceptuelles allant du 'do it yourself' (Comment créer une exposition chez soi soi même) jusqu'à la 'school of conceptual clay'.
Ils n'hésitent pas à s'autoparodier ou à mener une théorisation pourvant aller jusqu'au radicalisme le plus intégrale avec le projet "website unseen".
http://www.mteww.com
Christophe Bruno:
Christophe Bruno artsite franaçais appru très tradivement sur la scène (années 2000) a été néanmoins un des premiers à s'interresser à la capitalisation du langage amorcé par des entreprises comme GOOGLE.
http://www.christophebruno.com
La Conscience Globale:
Igor Stromajer: Slovénie
Igor Stromajer au travers de l'écran questionne la solitude, l'altéirité, concepts usuellement intimes ('intima' terme repris dans le site) se trouvent distandus à une globalité humaine :
L'homme dans l'espace est confronté à cette solitude globale face au globe terrestre .
http://www2.arnes.si/~ljintima1/help/
Olga Kisseleva: Russie
"How are you ?" cette question est posé à différentes personnes à travers le monde et renvoient à la relation à l'autre dans chacun des contextes culturels rencontrés. Les réponses agencées en hypertexte révèle une forme globale quasi normative.
http://www.fraclr.org/hay/preface.htm
Ken Goldberg: USA
Au travers d'installations robotiques pilotées via le web, Ken nous confronte à ce qu'il définit comme une télé épistémologie.
Telegarden: 1996 - 1999
http://telegarden.aec.at
ouija 2000:
http://ouija.berkeley.edu/
memento mori: an interface with earth:
http://memento.ieor.berkeley.edu/
Eduardo Kac: USA
l'universalité des télécommunications, l'universalité du vivant (la génétique)
http://www.ekac.org/
"Darker than night" traite de la médiation d'une communication empathique avec l'animal
http://www.ekac.org/darker.html
John Simon: USA
"Every icon" confronte un instant de quelques millions d'années à la temporalité humaine.
http://www.nomemory.org/data/eicon.html
Le site Jhon Simon Jr:
http://www.numeral.com
Philip Pocock and Felix Stefan Huber: Allemagne
La planéte et sa précarité écologique au travers d'une perception circulaire ...
"Artic circle", "Tropic of cancer", "Equator"
http://www2.dom.de/acircle/
Quand l'Histoire transforme une oeuvre:
Septembre 2001: Attaque du World Trade Center à New York:
Wolfgang Stahele présente dans son exposition personnelle à la galerie Postmaster (New York) des installations vidéos utilisant des images en temps réel de webcams.
Une de ces projections consiste en un dyptique montrant en temps réel un panoramique de la baie de brooklyn tel qu'il se présente de son studio.
Cette installation diffusera le 11 septembre 2001 en temps réel l'attaque du World trade Center dans l'espace de cette galerie.
archives
Janvier 2002: L'israël bombarde la Palestine
Valéry Grancher "Jerusalem":
Cette pièce utilise les images de deux webcams pointant le mur de Jerusalem du côté palestinien et du côté israelien.
Le 19 Janvier 2002, l'Israel bombarde les studios de la TV palestinienne propriétaire d'une des deux webcams, une image disparait de la pièce.
Le 29 Janvier 2003, au lendemain de l'élection d'Aryel Sharon, le studio de TV Aish propriétaire de l'autre webcam, interdit pour des raisons dites juridiques, l'utilisation de la deuxième image et en bloque l'accès.
http://www.computerfinearts.com/collection/grancher/jerusalem/index.html
Quand les formes internet se manifestent dans le monde des objets:
Joachim Blank and Karl Heinz Jeron: Allemagne
"Dump your trash" ou comment transformer un site web en sculpture de marbre ? 1998
http://sero.org/dyt/
le site cartier traité par "dump your trash" !
http://www.cartier.com
Valéry Grancher: France
Dés 1997 - 1998, j'ai l'idée de parioder l'académisme incologique de certains net artistes qui parlent de la pictorialité de l'écran, de la qualité plastique et picturale des écrans internet. Par réaction à ce que je qualifie d'idiotie la plus complète, je répond par une démarche tout aussi idiote "Pump your page":
Comment transformer les homepage en vraie peintures sur toile faites à la main ?
"Pump your page !"
http://www.nomemory.org/pump/
En 1998 je peins les première webpaintings:
http://www.nomemory.org/webpaint
qui influenceront un bon nombre d'artistes:
http://www.nomemory.org/webpaint/data/history.htm
Vuk Cosik: Slovénie
Vulk s'intéressera aux codes ascii, pour pourvoir transcoder des vidéos enregistrés sur disque vinyl que l'ont peu mixer comme n'importe quel disque audio:
-http://www.ljudmila.org/~vuk/ascii/film/
Igor Stromajer: Slovénie
Tout en étant un de ceux qui avait fait connaître le net art dés les années 2000, commence à utiliser le langage html ou différents codes sources à des fins théatrales ou performatiqves:
- "Ballettikka Internettikka (2001 - 2006)
Conclusion:
J'expliquais au début de cette lecture l'avènement de ce qui est appelé par les acteurs du monde de l'art du 'mainstream', le courant dominant, un courant protéiforme et non homogène. C'est l'époque post historique, c'est aussi les temps après l'avant garde, et comme le parodie PAVU.com sur leur site "la question n'est pas d'être à l'avant garde ou à l'arrière garde mais de savoir où on est ...".
Le média internet a représenté pour cette jeune génération une fabuleuse émancipation, celle de la matière, celle du regard au profit des éléments les plus anodins de la vie quotidienne et de leur représentation mentales.
Il est étonnant de voir la diversité des positions et propositions de ces plasticiens qui ne manquent pas de références allant du conceptual art, de dada, du surealisme, de la psychanbalyse, des sciences exactes et de bien d'autres; sans parler des termes utilisés:
globalisation, épistémologie, empathie, mutations, altérité, mémoire, temporalité, phénomenologie ...
Ce n'est plus de la terre promise des technologies, d'une utopie moderniste nourrissant un topoi virtuel toujours plus transparent et plus pur qu'il s'agit, mais des répercussions quotidiennes sur notre statut social et humain. Ce n'est pas tant vers une définition esthétique produite par des identités économiques que l'on tend, mais vers la définition d'une nouvelle éthique permettant aux artistes d'interagir avec leur contexte.
On pourra conclure que le "net art history" ne peut s'acoller pour toutes ces raisons au signe typographique "!" mais avec "?"
En effet les seules histoires existantes dans ce champ ont le problème d'être "des histoires". Pourrait il y avoir plusieurs histoires ? Non, je ne le pense pas, On ne peut réduire une période à une série de démarches et positionnements historicistes concomitantes et véhiculant chacune leurs propres propagandes à coup de naissances déclarées, morts déclarées, ou taxinomies diverses et variées du type : 'terme technologique' accolé au mot 'art' (net art).
Valéry Grancher 28 Mai 2005.